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Type d’institution

Monarchie absolue (de gouvernement)

Une monarchie dans laquelle le souverain héréditaire détient l’autorité législative, exécutive et judiciaire suprême, et n’exerce pas une fonction simplement cérémonielle. Aujourd’hui, elle subsiste principalement dans le Golfe (Arabie saoudite, Oman, Qatar, émirats des Émirats arabes unis), au Brunei et en Eswatini.

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Idée

Dans une monarchie absolue ou de gouvernement, le monarque gouverne plutôt qu’il ne règne. Le souverain est chef de l’État et, généralement, chef du gouvernement ; il nomme les ministres et les conseils consultatifs, peut légiférer par décret, et la succession est déterminée au sein d’une famille régnante. Cela la distingue des monarchies constitutionnelles et parlementaires telles que la Norvège ou le Japon, où le gouvernement est exercé par un parlement élu.

Théorie

L’absolutisme européen du début de l’époque moderne, défendu par des auteurs tels que Jean Bodin et Thomas Hobbes, concentrait la souveraineté dans la couronne. Michael Herb (1999) a soutenu que les monarchies du Golfe qui subsistent sont des « monarchies dynastiques » distinctives, dans lesquelles les membres de la famille régnante occupent les principaux ministères et choisissent collectivement le souverain, ce qui donne à la famille un intérêt commun dans la survie du régime. Victor Menaldo soutient que la culture politique monarchique aide les souverains à prendre des engagements crédibles envers les élites, ce qui réduit l’instabilité ; Sean Yom et F. Gregory Gause attribuent plutôt la résilience des monarchies aux coalitions transversales, aux richesses en hydrocarbures et au soutien de puissances étrangères.

Fonctionnement

La Loi fondamentale de gouvernance de l’Arabie saoudite (1992) déclare que le système de gouvernement est monarchique, limite la succession aux fils et petits-fils du fondateur, le roi Abdulaziz (article 5), et fait du roi la source ultime des pouvoirs judiciaire, exécutif et organisationnel (article 44). Le Conseil consultatif (Choura) est nommé, et non élu, et les partis politiques ne sont pas autorisés. Les revenus pétroliers permettent de financer les services publics et l’emploi sans impôt sur le revenu des personnes physiques pour les citoyens, une caractéristique analysée par la théorie de l’État rentier.

Exemples réels

  • L’Arabie saoudite, Oman, le Qatar et les sept émirats des Émirats arabes unis ; le Koweït et Bahreïn associent le pouvoir royal à des chambres élues.
  • Le Brunei, où le sultan gouverne en vertu de pouvoirs d’urgence depuis 1962.
  • L’Eswatini, où le roi nomme le premier ministre et où les partis ne participent pas aux élections.
  • La Cité du Vatican est une monarchie absolue élective dirigée par un souverain religieux (voir théocratie).

Répression et droits

Les monarchies de gouvernement restreignent la liberté d’expression, d’association et de religion, et certaines recourent largement à la peine de mort. En 2019, un rapporteur spécial de l’ONU a conclu que le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, perpétré en 2018 au consulat saoudien d’Istanbul, était une exécution délibérée et préméditée dont l’État saoudien était responsable.

Critique

Les partisans mettent en avant la stabilité, les horizons de planification à long terme et le niveau élevé de prestations publiques dans les monarchies riches. Les critiques soulignent que ces éléments dépendent des rentes tirées des ressources et des garanties de sécurité étrangères, que les conflits de succession au sein de la famille constituent un risque récurrent, et que les citoyens ne disposent d’aucun moyen institutionnel pour changer de souverain ou de politique.

Résultats

Aucune monarchie arabe n’est tombée lors des soulèvements de 2011, contrairement à plusieurs républiques. Les données comparatives classent les monarchies de gouvernement parmi les autocraties les plus durables, bien que le XXe siècle ait également vu de nombreuses monarchies renversées, notamment en Égypte (1952), en Irak (1958), en Libye (1969) et en Iran (1979).

Voir aussi

Exemples concrets

Zone franche financière créée en 2004, dotée de ses propres lois civiles et commerciales et de tribunaux de common law en langue anglaise, au sein des Émirats arabes unis, de tradition civiliste.

Une fédération de sept émirats héréditaires dont les dirigeants constituent l’autorité fédérale suprême, où les rentes pétrolières financent un vaste État-providence au bénéfice d’une minorité de citoyens, où les migrants représentent la majorité des résidents sans droits politiques, et où les zones franches dotées de leurs propres règles constituent le pilier de l’économie non pétrolière.

De la mort du fondateur en 1953 à 2015, l’Arabie saoudite était une monarchie absolue gouvernée collectivement par la famille Al Saoud : la couronne passait entre les fils du fondateur selon un consensus familial, les princes les plus âgés détenaient les principaux ministères comme des fiefs, les rentes pétrolières finançaient un État-providence et l’establishment religieux conférait sa légitimité.

Depuis 2015, et surtout depuis que Mohammed ben Salmane est devenu prince héritier en 2017, l’Arabie saoudite est passée d’un pouvoir familial collectif à un pouvoir concentré entre les mains d’un seul prince, associant le programme économique et social Vision 2030 à une répression accrue, à un nombre record d’exécutions et à l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi.

Affirmations

ÉtabliCLM-1031 · vérifié le 2026-10-30

La Loi fondamentale de gouvernance de l’Arabie saoudite déclare que le système de gouvernement est monarchique, réserve le droit de régner aux fils et petits-fils du fondateur, le roi Abdulaziz (article 5), et fait du roi la source ultime des pouvoirs judiciaire, exécutif et organisationnel (article 44).[1]

ContestéCLM-1032 · vérifié le 2026-10-30

La raison pour laquelle aucune monarchie arabe n’a été renversée par une révolution en 2011 est controversée : Menaldo attribue la stabilité monarchique à une culture politique qui aide les dirigeants à prendre des engagements crédibles, tandis que Yom et Gause l’attribuent à des coalitions transversales, aux richesses en hydrocarbures et au soutien de puissances étrangères, sans lesquels les monarchies seraient aussi vulnérables que les autres autocraties.[1][2][3]

ÉtabliCLM-1033 · vérifié le 2026-10-30

En 2019, la Rapporteuse spéciale des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires a conclu que le meurtre, en octobre 2018, du journaliste Jamal Khashoggi au consulat saoudien d’Istanbul constituait une exécution délibérée et préméditée dont l’État d’Arabie saoudite était responsable.[1]

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