Le Conseil de Paris a créé l’Assemblée citoyenne en octobre 2021. Pour la première cohorte, 10 000 adultes ont été tirés au sort parmi les 1 350 000 personnes inscrites sur les listes électorales de Paris en 2021, puis un second tirage au sort parmi les volontaires a désigné 100 membres.[1][2]
Assemblée citoyenne de Paris (depuis 2021)
Un organe permanent composé de 100 Parisiens tirés au sort pour des mandats d’environ un an, créé par le Conseil de Paris en octobre 2021. Il choisit lui-même ses sujets et peut soumettre des vœux et un projet de délibération au Conseil ; tous ses textes à ce jour ont été adoptés, et la Ville rend compte chaque année des suites données.
- Lieu
- Point de référence : l’Hôtel de Ville, siège du Conseil de Paris
- En activité depuis
- 2021
- Gouvernance
- Délibératif / tirage au sort
- Statut juridique
- Reconnu
- Économie
- Sans objet
- Niveau d’autonomie
- Programme au sein d'un État existant
- Utilise l’IA dans la gouvernance
- Non
Contexte
Depuis plus d’une décennie, Paris a ajouté plusieurs dispositifs de participation à son administration municipale : un budget participatif depuis 2014, des conseils de quartier et des consultations publiques. L’Assemblée citoyenne est née d’une conférence publique sur la participation démocratique organisée en 2019, qui a recueilli plus de 9 000 contributions. Sa nouveauté consistait à accorder à un organe composé de personnes tirées au sort une place permanente dans le processus décisionnel officiel de la ville, plutôt que de réunir des jurys ponctuels sur une question choisie par le maire.
Le Conseil de Paris, assemblée élue de la ville, a créé l’Assemblée citoyenne par délibération en octobre 2021, au cours du deuxième mandat de la maire Anne Hidalgo. Elle fonctionne par cohortes successives (« promotions ») : la première s’est déroulée de novembre 2021 à mars 2023, la deuxième de juillet 2023 à juillet 2024, et la troisième a débuté en septembre 2024.
Fonctionnement
- Sélection. Pour la première cohorte, la Ville a tiré au sort 10 000 adultes parmi les 1 350 000 personnes inscrites sur les listes électorales à Paris en 2021 et les a invitées à se porter volontaires ; un second tirage au sort parmi les personnes ayant répondu a permis de sélectionner les 100 membres. Le tirage au sort sur les listes électorales exclut les résidents qui ne sont pas inscrits pour voter, notamment la plupart des ressortissants étrangers.
- Pouvoirs. Pendant son mandat, l’Assemblée peut soumettre une question d’actualité au Conseil de Paris, présenter plusieurs vœux sur lesquels le Conseil est appelé à voter, et proposer une délibération — un projet formel de résolution — présentée par l’intermédiaire de l’adjoint au maire chargé de la participation citoyenne. Elle évalue également les politiques municipales et entend des élus, des agents de la Ville et des experts extérieurs.
- Ordre du jour. Les membres choisissent eux-mêmes leurs sujets prioritaires, plutôt que de recevoir un mandat de l’exécutif. Pour la première cohorte, trois ateliers exploratoires (politique sociale et éducation, environnement, espace public) ont été suivis de trois mandats approuvés à l’unanimité en juin 2022.
- Rythme. Des séances plénières ont lieu tous les trois à quatre mois pour fixer les priorités et valider les propositions ; les ateliers thématiques se réunissent chaque mois. Un membre type participe une ou deux fois par mois. Le secrétariat général de la Ville apporte son soutien.
- Suivi (« droit de suite »). La Ville s’engage à suivre la mise en œuvre des recommandations adoptées, à publier un document annuel de suivi et à organiser des réunions publiques de suivi avec les membres actuels et anciens, les élus et les agents.
Économie et biens publics
L’Assemblée est financée par le budget de fonctionnement de la Ville ; les sources consultées pour cette entrée n’indiquent ni son coût ni la rémunération proposée aux membres. Ses travaux portent sur des biens publics tels que les services de lecture, l’efficacité énergétique des logements, l’espace de voirie, l’aide aux personnes sans domicile et la lutte contre la solitude.
Conflits et différends
- Représentativité. Le tirage au sort sur les listes électorales, puis l’acceptation volontaire après le premier tirage, signifient que l’assemblée reflète les électeurs inscrits disposés à siéger plutôt que l’ensemble des habitants.
- Pouvoir consultatif dans un système à maire fort. Les textes de l’assemblée doivent être soumis au vote du Conseil, et la majorité qui l’a créée contrôle le Conseil. Un organe dont les propositions sont toujours adoptées peut être considéré soit comme influent, soit comme choisissant des sujets déjà privilégiés par la majorité ; les sources ne permettent pas de trancher.
- Co-construction avec les services municipaux. Pour la première cohorte, les recommandations ont été affinées lors d’ateliers avec les directions municipales avant d’être déposées. Cela améliore leur faisabilité, mais brouille la frontière entre les propositions des citoyens et celles de l’administration.
Résultats
- Première cohorte (2021–2023). Les recommandations ont été présentées à l’exécutif en décembre 2022, affinées avec les services municipaux et transformées en trois motions, adoptées à l’unanimité par les membres de l’atelier en janvier 2023, puis débattues lors d’une plénière de clôture le 11 mars 2023. En mars 2023, le Conseil de Paris a adopté les trois propositions : un plan de lecture de Paris actualisé, un accès simplifié aux aides à la rénovation énergétique des logements et la création d’un code de la rue parisien. Un premier bilan public de suivi, le 4 avril 2024, a porté sur 38 recommandations.
- Deuxième cohorte (2023–2024). En juillet 2024, le Conseil a adopté une délibération citoyenne sur les personnes sans domicile, comprenant un plan d’action et un texte de plaidoyer adressé à l’État, ainsi qu’une motion sur les « rues-jardins ».
- Troisième cohorte (2024–2025). En juillet 2025, le Conseil a adopté une délibération sur de nouveaux pouvoirs permettant aux citoyens de décider, assortie d’une annexe de plaidoyer national, ainsi qu’une motion sur la lutte contre la solitude.
La Ville indique que quatre motions et une délibération avaient été adoptées lors de son dernier bilan de l’activité de l’assemblée, et qu’une deuxième réunion de suivi portant sur les deux premières cohortes s’est tenue le 8 juillet 2025.
Enseignements pour la conception institutionnelle
- Les instances permanentes peuvent définir leur propre ordre du jour. Laisser les membres choisir les sujets permet d’éviter le reproche selon lequel l’exécutif sélectionne des questions sans risque — mais seulement si le processus de sélection est transparent.
- Les droits formels de dépôt sont importants. Le droit de déposer des motions et un projet de résolution donne à l’assemblée un point d’entrée dans le processus décisionnel juridique, même en l’absence de pouvoir contraignant.
- Le suivi est un élément de conception, et non une réflexion après coup. Le « droit de suite » annuel rend la mise en œuvre visible et donne un rôle aux anciens membres.
- Vérifier la base de sondage. Le tirage au sort à partir des listes électorales exclut discrètement les résidents non citoyens dans une ville où ils sont nombreux.
Pour aller plus loin
Chronologie
- 2019Une conférence publique sur la participation démocratique recueille plus de 9 000 contributions, dont émerge l’idée de l’assemblée. [S1]Établi
- oct. 2021Le Conseil de Paris crée l’Assemblée citoyenne (octobre) ; la première cohorte de 100 personnes commence ses travaux en novembre. [S1]Établi
- mars 2023Le Conseil de Paris adopte les trois propositions de la première cohorte sur la lecture, la rénovation énergétique et un code de la rue parisien (mars). [S2]Établi
- juil. 2024Premier examen public du suivi de 38 recommandations (4 avril) ; en juillet, le Conseil adopte les conclusions des délibérations de la deuxième cohorte sur le sans-abrisme. [S3]Établi
- juil. 2025Le Conseil adopte les conclusions des délibérations de la troisième cohorte sur de nouveaux pouvoirs décisionnels ainsi qu’une proposition sur la solitude ; deuxième réunion de suivi le 8 juillet. [S3]Établi
Mécanismes utilisés
Résultats et controverses
Trois cohortes depuis novembre 2021. Le Conseil de Paris a adopté les trois motions de la première cohorte (plan de lecture, rénovation énergétique, code de la rue) en mars 2023, une délibération sur le sans-abrisme et une motion sur les rues-jardins en juillet 2024, puis une délibération sur de nouveaux pouvoirs décisionnels et une motion sur la solitude en juillet 2025.
Affirmations
En mars 2023, le Conseil de Paris a adopté les trois motions de la première cohorte — sur le plan de lecture de Paris, l’accès aux aides à la rénovation énergétique des logements et un code de la rue parisien — ainsi qu’en juillet 2024 une délibération citoyenne sur les personnes sans domicile.[1][2]
La Ville s’engage à assurer un « droit de suite » : un document de suivi annuel des recommandations adoptées, examiné lors de réunions publiques réunissant des membres, des élus et des agents ; le premier bilan, le 4 avril 2024, portait sur 38 recommandations.[1][2]