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Budget participatif de Paris (Budget Participatif, depuis 2014)

Depuis 2014, les Parisiens proposent des projets d’investissement financés par une part du budget d’investissement de la ville et votent pour ces projets. Selon les chiffres de la ville, plus de 21 000 idées ont abouti à 1 345 projets lauréats d’une valeur de 768 millions d’euros, dont 34 % dans les quartiers populaires ; environ 143 000 personnes ont voté en 2024.

Lieu
Point de référence : l’Hôtel de Ville ; les projets concernent toute la ville, un arrondissement ou des adresses précises
En activité depuis
2014
Gouvernance
Participatif
Statut juridique
Reconnu
Économie
Mixte
Niveau d’autonomie
Programme au sein d'un État existant
Utilise l’IA dans la gouvernance
Non

Contexte

Le budget participatif a vu le jour à Porto Alegre, au Brésil, en 1989, puis s’est diffusé dans les villes européennes dans les années 2000, souvent à l’échelle de petits quartiers et pour des montants modestes. Paris avait expérimenté le dispositif à l’échelle des arrondissements — une étude menée dans le 20e arrondissement a constaté que peu d’habitants des quartiers populaires participaient aux réunions et qu’aucun critère de justice sociale n’était appliqué à l’allocation des fonds. En 2014, Anne Hidalgo, nouvellement élue maire, a fait du budget participatif à l’échelle de la ville l’un des projets phares de son programme, promettant que les habitants décideraient de l’affectation de 5 % du budget d’investissement de la ville, soit environ 426 millions d’euros, sur la mandature 2014–2020. Par les montants engagés, le dispositif était d’une ampleur considérable à l’échelle internationale pour un processus de ce type.

Gouvernance

  • Qui peut participer. Les idées doivent émaner de Parisiens, individuellement ou collectivement — associations, collectifs de quartier, conseils de quartier, ou parents et élèves d’une école. Les propositions doivent servir l’intérêt général, relever des compétences de la ville et concerner des dépenses d’investissement.
  • Échelles. Les projets peuvent porter sur l’ensemble de Paris, un seul arrondissement ou une adresse précise.
  • Cycle. Les habitants soumettent leurs idées en ligne sur la plateforme municipale decider.paris.fr, ainsi que lors de réunions et d’ateliers en mairie. Les services municipaux vérifient leur faisabilité juridique et technique et leur coût, puis regroupent les idées similaires en projets. Un vote public, en ligne et en personne, désigne les lauréats, qui sont ensuite réalisés par les services de la ville. Par exemple, les idées pouvaient être soumises jusqu’au 3 février 2025 en vue du vote suivant.
  • Mesures d’équité. Une part du budget est réservée aux « quartiers populaires » prioritaires de la ville, et des associations présentes dans ces quartiers organisent des ateliers d’idéation, des marches exploratoires et apportent leur aide pour le dépôt en ligne.
  • Modification du périmètre. Les grands travaux d’espace public — places, piétonnisation, végétalisation, pistes cyclables, élargissement des trottoirs — ne sont plus éligibles et relèvent d’un programme distinct, « Embellir votre quartier ».

Économie et biens publics

Selon le bilan décennal de la ville, depuis 2014, le budget participatif a recueilli plus de 21 000 idées, produit 1 345 projets lauréats et donné lieu à plus de 3 400 chantiers achevés, pour un montant total de 768 millions d’euros. Sur cette somme, 263 millions d’euros (34 %) ont été consacrés aux quartiers populaires. La ville présente désormais un quart de ses investissements comme ayant été réalisés et décidés avec les habitants, une catégorie plus large que le seul budget participatif. En 2015, par exemple, les propositions concernaient avant tout le cadre de vie, puis l’environnement et les transports, suivis de la culture, de l’éducation et de la jeunesse, du sport et de la solidarité.

Conflits et controverses

  • Participation et représentativité. Environ 143 000 personnes ont voté en 2024, dans une ville de plus de deux millions d’habitants. La participation est plus élevée parmi les personnes déjà mobilisées ; les actions de sensibilisation menées par la ville dans les quartiers prioritaires sont une réponse à cette situation.
  • Ce qui relève de la participation. Des critiques mettent en doute le caractère véritablement nouveau des projets ou se demandent s’ils n’auraient pas été financés de toute façon, et soulignent que les services municipaux filtrent, regroupent et chiffrent les idées avant le vote, conférant à l’administration un contrôle important de l’ordre du jour. Le retrait des grands projets d’espace public au profit d’un programme distinct a réduit le nombre de sujets sur lesquels les habitants votent.
  • Mise en œuvre. La réalisation des projets lauréats dépend de la capacité de mise en œuvre de la municipalité ; l’écart entre 1 345 projets lauréats et plus de 3 400 chantiers tient au fait que de nombreux projets sont répartis sur plusieurs sites et réalisés sur plusieurs années.
  • Lacunes des données probantes. Les évaluations systématiques et indépendantes des personnes qui soumettent des propositions, de celles qui votent et de la comparaison entre les projets et les dépenses ordinaires en capital sont limitées ; des commentaires en français ont relevé l’absence de profilage des personnes qui soumettent des propositions par rapport à la population.

Résultats

Le programme a été organisé presque chaque année depuis 2014 et s’est poursuivi lors du second mandat de la maire Hidalgo, à partir de 2020 ; la ville a comptabilisé l’édition 2025 comme sa onzième. En 2015, il a reçu 5 115 propositions de projets ; en 2024, environ 143 000 électeurs ont choisi 121 projets lauréats parmi les 235 soumis au vote. Il a fait du budget participatif une composante habituelle de la planification des investissements de Paris, et son ampleur — des centaines de millions d’euros — a été citée par d’autres grandes villes qui ont adopté ce modèle. La concentration des dépenses dans les quartiers populaires (34 % sur dix ans) laisse penser que des règles d’équité peuvent influer sur les résultats même lorsque la participation est socialement inégale.

Enseignements pour la conception institutionnelle

  1. L’échelle modifie les rapports politiques. Un budget participatif représentant une part significative des investissements attire une attention et des efforts administratifs que n’entraînent pas de petites enveloppes.
  2. Le filtrage administratif est inévitable, mais doit être visible. L’examen de la faisabilité et le regroupement des idées confèrent un pouvoir aux responsables publics ; publier les motifs des rejets et des regroupements contribue à garantir la responsabilité de l’administration.
  3. Les enveloppes réservées peuvent compenser une participation inégale. Réserver des fonds aux quartiers les plus pauvres influe sur les résultats, quels que soient les votants.
  4. Les limites évoluent. Retirer des catégories entières de projets du processus est un moyen discret de réduire le pouvoir des habitants ; de tels changements méritent le même examen que le budget lui-même.

Pour en savoir plus

Chronologie

  1. sept. 2014La maire Anne Hidalgo lance un budget participatif à l’échelle de la ville, en s’engageant à ce que les habitants décident de 5 % des dépenses d’investissement (environ 426 millions d’euros) sur la mandature 2014–2020 ; le premier vote se déroule du 24 septembre au 1er octobre. [S3]Établi
  2. 2015La deuxième édition reçoit 5 115 propositions de projets. [S4]Établi
  3. 2024Environ 143 000 électeurs choisissent 121 projets gagnants parmi les 235 soumis au vote. [S2]Établi
  4. févr. 2025La période de dépôt des idées pour l’édition suivante prend fin le 3 février ; les grands travaux d’espace public relèvent désormais du programme distinct « Embellir votre quartier ». [S2]Établi
  5. 2025Le bilan décennal de la ville recense 768 millions d’euros et 1 345 projets gagnants depuis 2014, dont 34 % des fonds consacrés aux quartiers populaires. [S1]Établi

Mécanismes utilisés

Résultats et controverses

Selon le bilan décennal de la Ville : plus de 21 000 idées, 1 345 projets lauréats, plus de 3 400 chantiers achevés et 768 millions d’euros, dont 263 millions (34 %) dans les quartiers populaires. Environ 143 000 personnes ont voté en 2024, en choisissant 121 projets sur 235.

Affirmations

ÉtabliCLM-0476 · vérifié le 2026-10-27

Selon la Ville de Paris, depuis 2014, son budget participatif a recueilli plus de 21 000 idées et donné lieu à 1 345 projets lauréats, à plus de 3 400 chantiers achevés et à 768 millions d’euros de dépenses, dont 263 millions d’euros (34 %) consacrés aux quartiers populaires.[1]

ÉtabliCLM-0477 · vérifié le 2026-10-27

En 2024, environ 143 000 électeurs ont choisi 121 projets lauréats parmi les 235 soumis au vote ; les idées doivent émaner de Parisiens, servir l’intérêt général, relever des compétences de la Ville et correspondre à des dépenses d’investissement.[1]

ÉtabliCLM-0478 · vérifié le 2026-10-27

Lors du lancement du dispositif en 2014, la maire Anne Hidalgo s’est engagée à ce que les habitants décident de l’affectation de 5 % du budget d’investissement de la Ville, soit environ 426 millions d’euros, au cours du mandat municipal 2014-2020.[1][2][3]

Sources