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Commissions délibératives mixtes du Parlement bruxellois (depuis 2019)

Depuis décembre 2019, le parlement régional bruxellois et le Parlement francophone bruxellois peuvent constituer des commissions où 45 citoyens tirés au sort siègent aux côtés de 15 députés (36 et 12 au sein de l’assemblée francophone) afin de rédiger des recommandations. Six commissions avaient été organisées en 2024 ; les députés doivent rendre compte du suivi dans un délai de six mois.

Lieu
Point de référence : le Parlement bruxellois, rue du Lombard, Bruxelles
En activité depuis
2019
Gouvernance
Hybride
Statut juridique
Reconnu
Économie
Sans objet
Niveau d’autonomie
Programme au sein d'un État existant
Utilise l’IA dans la gouvernance
Non

Contexte

La Belgique est un laboratoire de démocratie délibérative depuis le sommet citoyen G1000 de 2011 et, en 2019, la Communauté germanophone a créé un dialogue citoyen permanent à Eupen. Bruxelles a choisi une autre voie. Plutôt que de mettre en place un organe citoyen distinct du parlement, le Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale a décidé d’intégrer des citoyens aux commissions parlementaires elles-mêmes.

L’idée de commissions mixtes a été proposée pour la première fois par les écologistes bruxellois en 2016, alors qu’ils étaient dans l’opposition, mais n’a pas recueilli de majorité au cours de la législature 2014–2019. Après les élections de 2019, la nouvelle majorité a modifié le règlement du parlement. La séance plénière a adopté la réforme le 13 décembre 2019 par 60 voix contre aucune, avec 25 abstentions. Le Parlement francophone bruxellois (le parlement de la Commission communautaire française, COCOF) a adopté la même réforme. L’OCDE a décrit le résultat comme le premier mécanisme institutionnalisé de ce type.

Gouvernance

  • Composition. Une commission délibérative régionale réunit 45 citoyens tirés au sort et 15 membres de la commission permanente compétente pour le sujet. Au parlement francophone, les effectifs sont de 36 citoyens et 12 députés. Les citoyens doivent résider à Bruxelles et être âgés de 16 ans ou plus — la nationalité n’est pas requise.
  • Sélection. Un premier tirage au sort est effectué parmi l’ensemble de la population et le parlement envoie des invitations officielles ; un second tirage au sort parmi les personnes qui acceptent vise à assurer une diversité de genre, d’âge, de langue officielle, de zone géographique et de niveau d’études. Chaque parlement sélectionne des citoyens une fois par an.
  • Ordre du jour. N’importe qui peut proposer un thème. Un thème soutenu par les signatures de 1 000 résidents doit être examiné par le Bureau du parlement, et un groupe de 100 citoyens peut lancer un appel à signatures sur le site du parlement. Le parlement conserve la décision finale sur les sujets, qui doivent relever des compétences régionales.
  • Déroulement. Les commissions délibèrent pendant environ quatre jours en trois phases : une phase préparatoire publique avec des auditions d’experts, une délibération en petits groupes à huis clos, et une phase publique durant laquelle les recommandations sont présentées et soumises au vote.
  • Vote et suivi. Les citoyens votent au scrutin secret ; les députés votent publiquement, et une majorité absolue est requise. Les députés qui votent contre une recommandation approuvée par les citoyens ou s’abstiennent doivent en expliquer la raison. Les recommandations approuvées sont transmises à la commission permanente, qui doit publier dans les six mois un rapport de suivi exposant des motifs détaillés, présenté lors d’une séance publique à laquelle les citoyens sont invités.

Économie et biens publics

Les commissions sont financées par les budgets de fonctionnement des parlements ; les sources consultées pour cette notice ne font état ni des coûts ni des indemnités versées aux participants. Le résultat consiste en des avis sur les politiques relatives aux biens publics régionaux — des antennes de télécommunications à la biodiversité — et en un compte rendu public de la manière dont le parlement en a fait usage.

Conflits et controverses

  • Mélange de citoyens et d’élus. Les spécialistes de la délibération mettent en garde contre le risque que les députés dominent ou intimident les membres non spécialistes ; l’OCDE relève ce risque, mais note également que la Convention constitutionnelle irlandaise mixte l’a évité grâce à une facilitation compétente, à des votes privés et à de petits groupes confidentiels. Bruxelles a adopté des garanties similaires.
  • Fragilité. Les commissions reposent sur le règlement, et non sur la constitution ou une loi ; une future majorité pourrait les abolir, et la mise en œuvre des recommandations n’est pas garantie. Les 25 abstentions en 2019 montrent que le soutien n’était pas universel.
  • Choix des sujets. Le parlement conserve la maîtrise de l’ordre du jour ; les critiques estiment que les questions régionales les plus clivantes politiquement ont peu de chances d’être soumises aux commissions.

Résultats

Début 2024, six commissions délibératives avaient été organisées : sur le déploiement de la 5G (parlement régional), le sans-abrisme (parlement régional), le rôle des citoyens dans la gestion de crise (parlement francophone), la formation en alternance (parlement francophone), la biodiversité en ville (parlement régional) et le bruit urbain. Le 8 février 2024, les deux parlements ont organisé un colloque conjoint pour examiner l’expérience, notamment sous l’angle de l’inclusion, de l’institutionnalisation et du suivi des recommandations. Les sources consultées ici ne fournissent pas de décompte systématique des recommandations mises en œuvre ; les rapports de suivi établis dans les six mois constituent les principales traces publiques. Bruxelles a également organisé une assemblée citoyenne distincte sur le climat, qui ne relève pas de ce mécanisme parlementaire.

Enseignements pour la conception institutionnelle

  1. L’intégration vaut mieux que les structures parallèles — si le suivi est assuré. Intégrer les citoyens aux commissions parlementaires donne aux recommandations une voie directe vers les législateurs, et l’obligation de justifier les votes ainsi que la publication d’un rapport de suivi dans les six mois créent une forme de responsabilité dont les assemblées ad hoc sont dépourvues.
  2. Test d’échelle. Avec quelque 1,2 million d’habitants, Bruxelles permet de vérifier si un modèle permanent, d’abord expérimenté dans une petite communauté, peut fonctionner dans une grande ville divisée sur le plan linguistique.
  3. L’éligibilité fondée sur la résidence inclut les non-citoyens et les jeunes de 16 ans, qui ne peuvent pas voter aux élections régionales.
  4. Le règlement est facile à modifier — ce qui constitue à la fois un avantage pour l’expérimentation et un point faible pour la durabilité.

Pour aller plus loin

Chronologie

  1. 2016Les Verts bruxellois, alors dans l’opposition, proposent pour la première fois des commissions mixtes composées de députés et de citoyens sélectionnés par tirage au sort. [S2]Établi
  2. déc. 2019Le Parlement bruxellois modifie son règlement pour autoriser les commissions délibératives (13 décembre ; 60 voix pour, 25 abstentions) ; le Parlement bruxellois francophone lui emboîte le pas. [S2]Établi
  3. juin 2020L’OCDE présente les commissions bruxelloises comme le premier mécanisme institutionnalisé de ce type. [S1]Établi
  4. févr. 2024Les deux parlements organisent un colloque (8 février) consacré à l’examen de six commissions délibératives et de leur suivi. [S4]Établi

Mécanismes utilisés

Résultats et controverses

Règles adoptées le 13 décembre 2019 (60 voix pour, 25 abstentions). Six commissions mixtes ont été organisées en février 2024 — sur la 5G, le sans-abrisme, la gestion des crises, la formation en alternance, la biodiversité urbaine et le bruit en ville — chacune suivie d’un rapport parlementaire de suivi six mois plus tard.

Affirmations

ÉtabliCLM-0470 · vérifié le 2026-10-27

Les règles du Parlement bruxellois de décembre 2019 autorisent la création de commissions délibératives composées de 15 députés et de 45 citoyens tirés au sort parmi les résidents âgés de 16 ans ou plus ; dans les six mois, le Parlement doit publier un rapport expliquant ses décisions et le suivi donné aux recommandations.[1][2]

ÉtabliCLM-0471 · vérifié le 2026-10-27

Les commissions reposent sur le règlement intérieur du Parlement et n’ont pas de statut constitutionnel ; une majorité ultérieure pourrait donc les abolir, et rien ne garantit que leurs recommandations seront mises en œuvre.[1]

ÉtabliCLM-0472 · vérifié le 2026-10-27

En février 2024, les deux parlements bruxellois avaient tenu six commissions délibératives : sur la 5G, le sans-abrisme, le rôle des citoyens dans la gestion des crises, la formation en alternance, la biodiversité urbaine et le bruit en ville.[1][2]

Sources