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À signaler : le CESE français organise de sa propre initiative une convention citoyenne sur les finances publiques

En octobre 2026, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) français a commencé à recruter 150 citoyens sélectionnés au hasard pour une convention sur les finances publiques, dont les travaux doivent débuter le 27 novembre 2026. Il s’agit de la première convention lancée par le CESE de sa propre initiative, et non à la demande de l’exécutif.

Éditeurs de Polity AtlasPublié le 23 oct. 2026 · 2 min de lecture

Ce qui s’est passé. Le CESE a annoncé le 9 septembre 2026 qu’il organiserait une convention citoyenne sur les finances publiques, invoquant l’urgence du déficit et de la dette de la France. Un comité de gouvernance présidé par Florence Sautejeau a été mis en place le 30 septembre et a fixé la méthode et la question. Le recrutement a commencé le 23 octobre : Harris Interactive contacte des milliers de numéros de téléphone générés aléatoirement afin de réunir 150 membres représentatifs selon le genre, l’âge, le type de zone urbaine, la région, le niveau d’études et la profession, en accordant une attention particulière aux territoires d’outre-mer et en prévoyant un mécanisme distinct pour faire participer des personnes en situation de précarité. La question est la suivante : « Quelles priorités fixer et quels choix faire aujourd’hui pour reprendre le contrôle de nos finances publiques, réduire le déficit et préparer l’avenir ? » Les sessions commenceront le 27 novembre 2026.

Pourquoi c’est un signal. Les précédentes conventions françaises sur le climat (2019-2020), la fin de vie (2022-2023) et le temps de l’enfant (2025) avaient été mandatées par le président ou le gouvernement, qui avait également formulé les questions. Ici, le CESE, s’appuyant sur le rôle de participation qu’il a acquis lors d’une réforme en 2021, a choisi lui-même le thème et la question. La présidente du CESE, Claire Thoury, a présenté cette initiative comme une marque de confiance dans la capacité des citoyens à formuler l’intérêt général sur une question difficile. Les choix budgétaires sont également le domaine où les institutions représentatives défendent le plus jalousement leurs prérogatives ; la convention éprouve donc la capacité des assemblées tirées au sort à aborder des arbitrages, et pas seulement des questions de valeurs.

Risques. Sans engagement du gouvernement ou du Parlement à répondre, une convention d’initiative propre pourrait être plus facile à ignorer. Les questions budgétaires sont techniques et controversées ; le choix des experts et des informations sera donc scruté pour déceler d’éventuels biais. Une convention qui approuverait des mesures douloureuses pourrait également servir à légitimer des décisions déjà prises.

Points à suivre. La question de savoir si le gouvernement et les commissions des finances du Parlement s’engageront à apporter une réponse formelle ; l’équilibre des témoins experts ; la production par la convention de scénarios chiffrés plutôt que de listes de principes ; et l’éventuelle adoption d’un modèle d’initiative propre par les conseils consultatifs d’autres pays.

Source originale: Conseil économique, social et environnemental (CESE)